samedi 30 janvier 2016

La stratégie des petits cailloux dans la chaussure fonctionne : la preuve par Jouarre !

Les petits cailloux dans la chaussure? Mais si, vous connaissez ! Quand on doit se défendre contre des géants, cela ne sert pas à grand chose d’essayer de se battre avec leurs armes. 

Quand nous avons commencé à nous battre contre les pétroliers il était évident que nous n’avions pas les mêmes moyens. Les géants du pétrole ont de l’argent, de l’entregent, ils sont proches du pouvoir, ils ont des avocats, des lobbyistes, etc. 

Alors comment se battre contre eux quand on n’a rien de tout ça? En mettant des cailloux dans leurs chaussures. Parce que tous géants qu’ils soient, quand ils ont des cailloux dans leurs chaussures, ils doivent ralentir, voire s’arrêter pour retirer les cailloux de leurs chaussures, avant, certes, de repartir. Mais comme le temps c’est de l’argent, en leur faisant perdre du temps, on leur fait perdre de l’argent…

Bon, alors le rapport entre les cailloux, les géants, leurs chaussures et Jouarre? On y vient!

Début 2011 Toreador (détenteur du permis de Château-Thierry) prévoit de forer et de fracturer. Les mobilisations citoyennes ont déjà commencé et NKM (la ministre de l’écologie de N.Sarkozy) demande à Toreador et à Vermilion de modérer leurs ardeurs en matière de fracturation hydraulique. Les géants acceptent, ne pouvant pas faire autrement. Premier caillou dans la chaussure. Première perte de temps. 

La mesure d’apaisement proposée par NKM est loin d'être suffisante et en juillet 2011, la loi Jacob est votée. Deuxième caillou. La loi Jacob, en interdisant la fracturation hydraulique, sans interdire l’exploration de la roche-mère, a sérieusement ralenti les projets des pétroliers. Mais, on le sait, ils n’ont pas renoncé pour autant!

Quelques mois plus tard Delphine Batho, devenue ministre de l’écologie, complète la loi Jacob par une circulaire interdisant les forages horizontaux en cas de suspicion d’intérêt pour la roche-mère. Encore un caillou dans la chaussure. Cette circulaire sera évoquée par la préfète de Seine-et-Marne lorsqu’elle interdira tout forage horizontal pour le puits de Jouarre en 2013. 

Hess Oil France qui avait prévu une très grosse foreuse capable de forer horizontalement n’a pas été en mesure de rentabiliser les frais engagés. Encore un caillou!

Par ailleurs Hess Oil qui avait dépensé pas mal d’argent pour racheter le permis de Château-Thierry à Toreador n’a pas obtenu l’autorisation d’en être officiellement le détenteur. C’est le résultat de toute la bataille menée autour de ce qu’on a appelé l’affaire des « mutations ». Philippe Martin (ministre de l’écologie qui avait remplacé Delphine Batho) a du refuser de signer ces « mutations ». Et Hess Oil n’a pas pu devenir le détenteur officiel du permis de Château-Thierry. Encore un caillou dans la chaussure de Hess. Et pas un petit caillou, un gros, un très gros qui finira même par l’assommer définitivement! La branche française de Hess Oil a disparu. L’entreprise n’existe plus parce que les financiers vautours à la tête de l’entreprise américaine n’avaient pas du tout envie de continuer à perdre du temps et de l’argent dans ce pays où ils ne pouvaient pas faire ce qu’ils voulaient. 

Auparavant nous avions vu disparaître l’entreprise Toreador et quelques mois plus tard Zaza Energy France qui avait racheté Toreador! 

• Et pendant ce temps là, le prix du baril a plongé, il ne vaut presque plus rien (moins de 30$). La production d’un baril de pétrole de schiste coûte au minimum 60$.

• Pendant ce temps là, la Chine, gavée depuis des années, n’en peut plus et n’a plus besoin de tous les hydrocarbures qu’on lui propose. 

• Pendant ce temps là, la Cop 21 a eu lieu. On sait maintenant qu’il faut laisser 80% des hydrocarbures dans le sol pour avoir une (petite) chance de limiter le réchauffement climatique à moins de 2°. 

Les petits cailloux ne sont évidemment pas responsables de la politique de l’Opep, de la chute du prix du baril, de l’impossible course à l’échalote vers une croissance sans limite de la Chine, du retour de l’Iran sur le marché des hydrocarbures, etc. Mais les petits cailloux nous ont permis de gagner du temps et d’arriver à une période favorable pour que la valeur des ressources attendues par les pétroliers dans le sous-sol de Jouarre ne soit plus d’actualité. Du strict point de vue de la rentabilité, l’exploitation du pétrole de schiste est une absurdité.  

Les petits cailloux nous ont fait perdre le temps dont nous avions besoin. 

Et cette semaine, Vermilion, détenteur officiel du permis de Château-Thierry, rebouche définitivement le puits de Jouarre. 

La plateforme sera revégétalisée dans quelques mois. 

La stratégie des petits cailloux dans la chaussure fonctionne: la preuve par Jouarre… 

Mais ce n’est pas une raison pour nous endormir, il y a d’autres chaussures en marche.  Il va falloir encore y mettre des petits cailloux!

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mercredi 11 novembre 2015

Manifestation à Jouarre le 15 novembre à 11h

Février 2013 au croisement Courte Soupe // Pierre Levée
Février 2013 au croisement Courte Soupe X Pierre Levée
A quelques semaines de la COP21, de nouveaux permis de recherche d'hydrocarbures ont été délivrés par la Ministre de l'Environnement. 
Lorsque les dossiers ont été déposés, les objectifs concernaient explicitement les hydrocarbures non conventionnels. 
Le Collectif du Pays Fertois "Non au pétrole de schiste" manifestera son opposition le
15 novembre, à 11 heures, 
à la jonction de la D19 et de la D21 
entre Pierre Levée et Courte Soupe (77580)
non loin de la plateforme sur laquelle Hess Oil avait installé sa foreuse.
nous irons ensuite au carrefour Jehan de Brie  (jonction D19 et D402) aux vergers de Nolongues.
Merci de relayer cette information sur vos réseaux !

mercredi 30 septembre 2015

Vermilion désormais seul propriétaire du permis de Château-Thierry

Dernières nouvelles sur le permis de Château-Thierry et sur la problèmatique de l'extraction des gaz et huiles de schiste et gaz de houille:

la Sté pétrolière Hess Oil a été absorbée par Vermilion et porte désormais le nom de Vermilion Louise. Bertrand Demont, qui en était le dirigeant, ne fait plus partie du personnel , ni Guillaume Defaux qui était en charge de la communication, entre autres.

Vermilion est donc désormais le seul détenteur du permis de Château-Thierry et le seul interlocuteur.

La demande de prolongation du permis de Château-Thierry pour sa deuxième période est toujours en cours d'instruction dans les services du Ministère.

Ségolène Royal, depuis son arrivée, a malheureusement déjà signé des autorisations de prolongation de permis. En particulier,  le permis dit  de "La Folie de Paris" où elle a signé à la fois, une mutation au profit d'un nouvel opérateur et une prolongation. La coordination nationale des collectifs français anti-gaz et huiles de schiste et de houille a réagi : sous l'égide des Amis de la Terre, elle a  déposé un recours gracieux suivi d'un recours contentieux devant le tribunal administratif de Cergy. L'affaire n'a pas encore été jugée.

Collectif Carmen > lire l'article complet

dimanche 6 septembre 2015

Vermilion seul maitre à bord sur le permis de Chateau-Thierry

Pour cette nouvelle rentrée, voici quelques nouvelles.
Tout d'abord, Hess Oil France a disparu, pour être remplacé, absorbé par Vermilion. 
En effet, le 16 juin dernier, Vermilion a absorbé Hess Oil France, par l'intermédiaire d'une nouvelle filiale, intitulée Vermilion Louise. 
L'entreprise Hess Oil France a changé de président (c'est le président de Vermilion qui dirige Hess Oil), a changé d'adresse (l'entreprise est désormais domiciliée à Parentis, dans les Landes. C'est le siège de Vermilion)et a changé de nom, désormais l'entreprise s'appelle Vermilion Louise. 
Tout a été rendu public il y a quelques jours seulement.
Vermilion est désormais seul maitre à bord sur le permis de Chateau-Thierry. Il en est détenteur (depuis l'absorption de Zaza France par Vermilion), mais par un tour de passe-passe complexe, Hess était propriétaire de 100% des parts. Hess absorbée par Vermilion, les parts du permis de Chateau-Thierry reviennent dans l'escarcelle de Vermilion. 
Désormais, Vermilion n'a plus à négocier avec quiconque en ce qui concerne le permis de Château-Thierry. 
La prolongation est toujours en cours d'instruction. Pour combien de temps? Est-ce que la prolongation va être bientôt signée? 
On peut dire que Hess n'était pas dans les petits papiers du ministère. En revanche on peut dire que Vermilion est plutôt "bien en cours". 
Vermilion vient juste de subir un revers ces derniers jours: il y a eu une enquête publique avant d'autoriser Vermilion à forer une dizaine de nouveaux puits dans l'Essonne.
Et, bonne surprise, le commissaire enquêteur a rendu un avis défavorable. Cela ne veut pas dire que le préfet va interdire les forages, cela signifie seulement que Vermilion n'est plus aussi "chevalier blanc-propre-sur-lui" qu'avant. 
La suite bientôt…

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mercredi 4 mars 2015

Ségolène Royal signe la prolongation exceptionnelle du permis de St Just en Brie

Mise à jour du 6 mars - article Actu Environnement > cliquer le lien en dernière ligne ci-dessous.

Arrêté du 23 février 2015 accordant la prolongation exceptionnelle du permis exclusif de recherches de mines d'hydrocarbures conventionnels liquides ou gazeux, dit « Permis de Saint-Just-en-Brie »

Comment est-il possible que la ministre, Ségolène Royal, signe un arrêté accordant la prolongation exceptionnelle du permis exclusif de recherche de mines d'hydrocarbures CONVENTIONNELS. 

Cette notion n'existe pas dans le code minier ! 

Dans le rapport (3392) produit pour l'Assemblée Nationale, signé par Michel Havard et Jean-Paul Chanteguet (4 mai 2011), on trouve page 25: 

La recherche d’huile de roche-mère est plus avancée dans le bassin parisien. Elle s’opère à partir de permis exclusifs de recherches non dédiés. Ces permis ne distinguent pas le type de gisement recherché et l’on peut espérer trouver sur un même périmètre des accumulations traditionnelles et des gisements de d’huiles de roche-mère à des horizons différents (Lias et Trias). Les recherches peuvent également être conduites sur le périmètre d’une concession accordée pour l’exploitation d’une accumulation traditionnelle. Ainsi, c’est à partir de la concession dite de «Champotran » que Vermillon REP a foré deux puits de recherches d’huile de roche-mère qui produisent actuellement quelques m3 par jour.

A l’examen des déclarations d’ouverture des travaux miniers, il apparaît que deux opérateurs se proposent de réaliser des forages « tests » de production d’huile de roche-mère à partir d’un puits vertical : Toreador Energy France et Vermilion REP.

Toreador, associé aujourd’hui à la société Hess, a obtenu en octobre 2010 un arrêté préfectoral encadrant ses travaux miniers pour le forage de trois puits de recherches sur son permis de recherche dit de « Château-Thierry ». Il a déposé d’autres déclarations de travaux pour son permis de recherche de « Mairy ». Des projets de forage d’exploration sont également formés pour le permis de recherches de Leudon-en-Brie.

Vermilion REP dispose d’arrêtés préfectoraux pour poursuivre ses travaux de recherches d’huile de roche-mère sur ses concessions dites de « Champotran » et de « Donnemarie ». Vermilion REP envisage également des travaux de recherche à l’horizon Lias dans son permis de recherches de « Saint-Just-en-Brie ».

Lire aussi article du 6 mars 2015 - Actu Environnement > Gaz de schiste : vers le renouvellement des permis bloqués depuis 2011 ?


mardi 4 novembre 2014

C'est Bloomberg qui le dit...

Il y a quelques jours, on pouvait lire l'article suivant sur le site de Bloomberg. Un article qui vaut son pesant d'or !

En effet, il a été écrit par quatre journalistes de Blooomberg, un groupe qui n’est, à notre connaissance, ni un dangereux gauchiste anti-capitaliste, ni un décroissant fâcheux, ni un écolo masqué. Non, Bloomberg est “un groupe financier américain spécialisé dans les services aux professionnels des marchés financiers et dans l'information économique et financière […] emploie en 2008, plus de 10 000 employés répartis dans plus de 130 pays. » (Wikipedia)

Aux Etats-Unis, les entreprises pétrolières cotées en bourse doivent déclarer chaque année la valeur de leurs « réserves prouvées » à la SEC
La SEC, c'est  “l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers. C'est en quelque sorte le « gendarme de la Bourse » américain,[…] Les lois et réglementations financières qui régulent le marché financier aux États-Unis proviennent du principe que tout investisseur, institutionnel ou privé, doit avoir accès à un minimum d’informations avant d’acheter et pendant toute la durée de détention des actions.” (wiki)
A la suite du premier choc pétrolier (1973), les entreprises pétrolières américaines ne peuvent pas exporter de pétrole brut produit sur le sol américain (et on nous dit que Suez va importer du gaz américain !!!). Cela fait suite à l’embargo des pays arabes à l’encontre des USA, en 1973. Les pétroliers exploitant le pétrole de schiste aimeraient obtenir l’autorisation d’exporter ce pétrole qu’ils espèrent vendre à un prix supérieur au prix du marché intérieur américain. 

_______ article de Bloomberg  _________

Nous sommes assis sur 10 milliards de barils de pétrole ! Bon, d’accord, sur deux milliards de barils!
Le PDG de Marathon Oil a dit à ses investisseurs le mois dernier que l’entreprise était assise sur l’équivalent de 4,3 milliards de barils correspondant aux terrains exploitables qu’elle détient aux USA
Ce chiffre est 5,5 fois plus important que ce que Marathon a déclaré aux autorités fédérales. 
Ces écarts sont monnaie courante dans l’industrie pétrolière « schisteuse » aux Etats-Unis. 
Les pétroliers font appel à des chiffres plus importants pour vendre le boom de la fracturation à leurs investisseurs et pour persuader les autorités de lever l’interdiction d’exporter le pétrole brut, interdiction qui dure depuis 39 ans. 
62 pétroliers sur 73 ont déclaré un chiffre différent à la SEC et à leurs investisseurs, selon les données compilées par Bloomberg. 
Par exemple, Pioneer Natural Resources a donné un chiffre 13 fois supérieur, Goodrich Petroleum Corp a multiplié par 19 et Rice Energy Inc par 27!

Pioneer Natural Resources a déclaré à ses investisseurs potentiels une augmentation de 2 milliards de barils par an (et ceci depuis les 5 dernières années) alors que les réserves prouvées déclarées à la SEC ont, elles, baissé chaque année. 
 […]
La production américaine de pétrole en 2014, a atteint son plus haut chiffre depuis 28 ans, ce qui a eu pour effet de contribuer à la baisse de 20% du prix du pétrole américain depuis la fin du mois de Juin. La production américaine devrait croître de 12% l'année prochaine, au plus haut niveau depuis 1970, selon l'Energy Information Administration (le département américain de l’Énergie). Dans le même temps, la consommation américaine devrait diminuer de 0,2 % cette année, toujours d’après l’EIA.
[…]
La SEC demande aux pétroliers de fournir un rapport annuel indiquant combien de pétrole et de gaz l’entreprise va produire, il s’agit de ce qu’on apple les «réserves prouvées». Les dirigeants des entreprises concernées doivent certifier que les données sont réelles. 
Il n’existe aucune réglementation concernant les annonces faites aux investisseurs. On y évoque plutôt des «ressources potentielles». Dans ces présentations publiques, on inclut les puits qui vont perdre de l’argent, des lieux qui ne seront jamais forés, des concessions où la probabilité qu’elle soit rentable est inférieure à 10%, c’est ce que Bloomberg a trouvé en compilant les données à sa disposition. 
Le résultat, en matière d’indépendance énergétique des Etats-Unis s’exprime plus en terme d’espoir qu’en terme de faits vérifiables. [cette phrase se trouve dans l'article original de Bloomberg].
[…]

L'estimation moyenne des ressources potentielles était de 6,6 fois plus élevée que les réserves prouvées déclarées à la SEC, selon les données compilées par Bloomberg.

Toutes ces surestimations ont un objectif: convaincre de lever l’interdiction d’exportation du pétrole produit aux USA. Si nous avons autant de pétrole que ce qui est annoncé, pourquoi ne pas autoriser l’exportation. Cette levée de l’embargo pris en 1973, permettrait aux entreprises telles que Pioneer, Marathon et Continental de gagner des milliards supplémentaires: le prix du baril sur le marché international, étant en moyenne de 8,5% supérieur au prix du baril sur le marché intérieur américain.

« Si on n’autorise pas les exportations de pétrole, les investisseurs vont aller aillieurs » déclare la sénatrice démocrate du Nord Dakota. « et cela va réduire le développement et les rentrées de dollars ». 
L’entreprise Hess Oil a déclaré à la SEC 659 millions de barils (réserves prouvées pour les Etats-Unis). Au cours de la dernière présentation aux investisseurs, l’entreprise a dit qu’elle possédiat 1,2 milliards de barils rien que pour le gisement de Bakken. Les actions de Hess ont augmenté de 7,9% l’année dernière. Aucun représentant de Hess n’a voulu répondre aux enquêteurs de Bloomberg. 
_______________ fin de l'article_________________

Le tableau complet des chiffres concernant les 73 entreprises se trouve ici !
Après avoir lu cet article, on comprend mieux l'acharnement des lobbies à vouloir à tout prix expliquer que les Etats-Unis ont atteint leur indépendance énergétique, alors que les chiffres prouvent le contraire. De fait, il s'agit d'une partie de bras de fer avec le pouvoir politique fédéral, qui seul, peut lever l'embargo datant du premier choc pétrolier. Et comment faire céder le pouvoir? En lui martelant que le pays étant indépendant énergétiquement, il peut maintenant exporter, sans risquer de déséquilibrer l'économie nationale. 

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lundi 15 septembre 2014

Nouveau périmètre du permis de Château-Thierry

Il y a quelques semaines nous avions envoyé une lettre au nouveau préfet de Seine-et-Marne, lui demandant de nous transmettre les informations concernant la demande de renouvellement du permis de Château-Thierry. La réponse est arrivée ce matin, contenant la copie de la lettre de demande de prolongation signée par Vermilion Moraine ainsi que le nouveau plan du permis de Château-Thierry. 

Nous savons maintenant quelles zones Vermilion (détenteur du permis de Château-Thierry) a choisi de garder à l'appui de sa demande de renouvellement, actuellement à l'étude. En effet, le renouvellement n'est pas un acte automatique. Entre autres choses, le détenteur du permis doit proposer une nouvelle carte:la surface conservée pour la deuxième période doit être égale à la moitié de la surface précédente. Le code minier prévoit la possibilité d'avoir plusieurs surfaces discontinues. C'est la solution retenue par Vermilion. Le "nouveau" permis de Château-Thierry est donc composé de deux entités, l'une contenant la plateforme de Jouarre, l'autre l'emplacement de la plateforme de Rozoy-Bellevalle. C'est un joli clin d'oeil envoyé aux deux collectifs intervenant sur ce permis de Château-Thierry. La partie ouest est celle sur laquelle intervient le collectif du pays Fertois, la partie orientale étant celle sur laquelle intervient le collectif Carmen. Cette division en deux entités séparées ne modifiera évidemment pas la collaboration entre les deux collectifs!

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mardi 26 août 2014

Renouvellement du permis de Château-Thierry : demande de document à Monsieur le Préfet de Seine & Marne

Petit rappel historique:

  • Le permis de Château-Thierry a été accordé pour cinq ans, en 2009, à la société Toréador. 
  • La société Toreador a été rachetée par la société Zaza en 2011. Zaza est alors devenu détenteur du permis de Château-Thierry
  • Et Zaza a été rachetée par l'entreprise Vermilion Moraine (une filiale de Vermilion) en 2012. Vermilion Moraine est alors devenu détenteur…

Toutefois, il semble que Vermilion Moraine n'ait pas prévu de rester détenteur de ce permis. Si tout s'était déroulé comme le souhaitaient les principaux acteurs de la pièce (Vermilion et Hess), le permis de Château-Thierry aurait du être récupéré par Hess Oil France, à la suite d'une opération appelée “mutation” (nom donné à la transmission d'un permis de recherche exclusif d'hydrocarbures liquides ou gazeux). 

Un petit grain de sable dans le scénario, pourtant apparemment sans faille, n'a pas permis à Hess Oil de devenir détenteur du permis de Château-Thierry: Philippe Martin, alors ministre de l'écologie, s'est opposé à la mutation au profit de Hess Oil France.

Vermilion Moraine reste donc officiellement détenteur du permis de Château-Thierry. Le code minier prévoit que seul le détenteur du permis peut en demander la prolongation. Le code minier prévoit aussi que la surface du territoire affecté par ce permis doit être divisée par deux pour la seconde période. Nous aimerions bien évidemment connaître la surface que Vermilion Moraine entend conserver pour cette deuxième phase du permis. 

Le collectif a adressé la lettre suivante au nouveau préfet de Seine & Marne afin d'obtenir les documents permettant de connaître la teneur de la demande de renouvellement du permis dit de Château-Thierry émanant de la société Vermillon Moraine, dans un souci de transparence tout à fait légitime.

la lettre envoyée au préfet de Seine & Marne

mercredi 21 mai 2014

Audition de Ségolène Royal - Commission du Développement Durable de l’Assemblée Nationale le 20 mai.

Ségolène Royal a été auditionnée le 20 mai par la Commission du Développement Durable de l’Assemblée Nationale.

La vidéo peut être visionnée jusqu'au 06/03/2015 : http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5438.commission-du-developpement-durable--mme-segolene-royal-ministre-de-l-ecologie-20-mai-2014 

Jacques Krabal (député de l'Aisne) a posé les questions suivantes:

“Concernant les gaz et huile de schiste […] le conseil d’Etat, dans un arrêt prononcé le 30 avril dernier condamne l’Etat à une astreinte de 10.000€ par jour si dans un délai d’un mois la décision de ne pas prolonger le permis de Mairy n’est pas justifiée. Une fois encore, à la lecture de l’arrêt du 30 avril 2014, on ne comprend pas que l’Etat ne se soit pas défendu, […] les mêmes effets amènent les mêmes conséquences, il en était de même pour les 7 permis du Bassin Parisien dont le permis de Chateau-Thierry. Pourquoi l’Etat ne s’est pas défendu, voilà des questions que me posent les collectifs citoyens sur les territoires. Le 28 février, Philippe Martin alors à votre place avait pris la décision de ne pas signer les arrêtés de mutation. Quelle sera votre décision concernant le permis de Mairy ? Allez-vous signer ces arrêtés ? Philippe Martin s’était engagé également à ne pas renouveler le permis de Chateau-Thierry qui expire en septembre. Allez-vous poursuivre ses engagements? […]
Je souhaiterais que vous puissiez nous accorder un rendez-vous comme ça été fait précédemment avec [inaudible]”
La réponse in-extenso de S.Royal est la suivante (début à 7:45)
“à propos du permis « Mess Oil » (sic), les ministres ont signé sept refus de prolongation et donc rien ne changera sur ces permis. 
M. Jacques Krabal, vous avez souligné le fait que l’Etat n’ait pas répondu sur la question des gaz de schiste, je pense qu’il a fait ça pour s’en remettre à la sagesse du tribunal et à la limite parce que je n’ai pas de nouveaux éléments non plus me permettant de changer la position de l’Etat par rapport à celle qu’a prise Philippe Martin”... 
Il faut espérer que les collectifs soient rapidement reçus par la ministre comme l'a demandé J. Krabal à la fin de sa question. 
Après 4 changements de ministre, il semble bien que la ministre ne dispose pas de toutes les informations qui lui permettraient de répondre. 
  • Il ne s'agit pas de “Mess Oil” mais de l'entreprise Hess Oil, 
  • Il ne s'agit pas de refus de prolongation mais de refus de mutation (transfert de titularité)
“Rien ne changera”. Certes, on peut espérer qu'une décision prise par un ministre ne soit pas défaite par le suivant. Pour autant, le refus de mutation n'a rien à voir avec le refus de prolongation. 
Hess Oil s'est vu refuser, par Philippe Martin, la mutation de sept permis du Bassin Parisien. De ce fait Hess Oil n'a pu obtenir la titularité de ces 7 permis revendiqués (dont le permis de Château-Thierry). Ce permis a toutefois encore aujourd'hui un titulaire légal: Vermilion. 
En effet, le code minier actuel permet qu'un permis de recherche d'hydrocarbures soit détenu par une entreprise ne possédant aucune part du dit permis. Le titulaire (Vermilion) est l'interlocuteur administratif. Seul le titulaire d'un permis peut en demander la prolongation.  Le détenteur des parts (Hess), même majoritaire n'est pas habilité à en demander la prolongation.  C'est la situation dans laquelle se trouve aujourd'hui le permis de Chateau-Thierry
 
Bien que ne possédant aucune part de ce permis, Vermilion est la seule aujourd'hui autorisée à demander à l'Etat la prolongation du permis de Château-Thierry pour 5 ans. Il est donc primordial que S.Royal continue dans la voie prise par Philippe Martin en refusant maintenant de signer la prolongation du permis de Château-Thierry. 
Ce refus de signer la prolongation doit être explicite et, une fois encore justifié. 
Concernant le permis de Mairy, la non-réponse de l'Etat à l'injonction du Conseil d'Etat demandant que la décision implicite de refus soit motivée n'a strictement rien à voir avec la prise en compte de la sagesse du tribunal. Il s'agit d'une pratique délibérée des services de l'Etat qui ne s'est jamais défendu dans les différents procès l'opposant à Hess Oil. 
La situation du permis de Mairy est loin d'être réglée. Il est indispensable que la ministre motive son refus de signer, non pas la prolongation, mais la mutation du permis de Mairy.  Si le refus implicite n'est pas motivé d'ici le 30 mai, l'Etat devra verser 10.000€ par jour à Hess Oil. 
En espérant que la ministre recevra bientôt les collectifs citoyens pour qu'ils puissent à nouveau partager leurs informations avec la ministre et son cabinet… comme ils l'avaient fait en novembre pour les sept permis du Bassin Parisien. 

vendredi 16 mai 2014

Gaz de schiste : premier test pour Ségolène Royal

Ségolène Royal s’est dite, encore récemment, opposée à l’exploitation des hydrocarbures de schiste « en l’état actuel des technologies, car elles sont dangereuses ». La nouvelle ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie va avoir l’occasion de le prouver. Dans une lettre envoyée le 10 mai, les collectifs citoyens opposés à l’exploitation de gaz et pétrole de schiste lui demandent de ne pas signer la demande de mutation du permis de Mairy (Marne) en faveur de l’entreprise américaine Hess Oil qui recherche du pétrole de schiste. Pourquoi empêcher une mutation d’un permis alors que la fracturation hydraulique est toujours interdite ?

Bastamag > lire l'article complet

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