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Ni ici, ni ailleurs. Pas de gaz de couche en Lorraine

 

En Lorraine, la Française de l'Energie a décidé de s'intéresser au gaz de couche

Quelques explications pour comprendre la situation: il s'agit d'un hydrocarbure se trouvant dans les couches de charbon.
Le gaz de couche fait partie de la famille des gaz de houille.
On connait le "grisou" (ou gaz de mine). Le grisou ou gaz de mine est présent dans les mines de charbon exloitées.
Dans le Nord et le Pas-de-Calais, ce gaz est capté depuis fort longtemps pour empêcher les explosions.
Ce gaz de mine est utilisé pour faire tourner des turbines électriques.
Comme les mines ne sont plus exploitées depuis fort longtemps, il y a de moins en moins de gaz de mine à récupérer. 

Dans la famille des gaz de houille il y a un autre gaz, le gaz de couche (CBM - Coal Bed Methane) exploité essentiellement en Australie.
Il n'est pas exploité en Europe. C'est un “hydrocarbure extrême”: il s'agit d'un gaz qui ne peut être produit de manière rentable qu'en utilisant des méthodes non-conventionnelles. C'est un gaz emprisonné entre les feuilletages de la houille non exploitée.
Mais, à la différence du gaz ou du pétrole de schiste qui ne peuvent sortir sans fracturation hydraulique préalable, il est possible de produire un peu de gaz de couche sans fracturation, en injectant de l'eau sans appliquer de pression excessives.
Mais pour assurer une rentabilité aux installations qui seront mises en place, il est indispensable de fracturer. C'est ce qu'on voit en Australie. On peut aussi y voir les ravages que provoque la fracturation hydraulique en Australie. De très nombreuses nappes phréatiques ont été polluées. En effet les bans de houille dans lesquels se trouve le gaz de houille sont beaucoup moins profond que les roche-mères dans lesquelles se trouvent les gaz et pétrole de schiste. Le gaz de houille se trouve à moins de 1000 mètres de profondeur. Par ailleurs le gaz de couche, soit-disant exploitable, se trouve forcément dans des régions où l'exploitation de la houille a largement fragilisé le sous-sol, où de nombreux affaissements de terrain ont déjà eu lieu. C'est le cas en Lorraine. 

C'est pour cette raison que les Lorrains s'inquiètent de voir venir la Française de l'Energie.

La Française de l'Energie est une entreprise très endettée, connue auparavant sous le nom d'EGL (European Gas Limited).
Au mois de juin 2016 elle a décidé de se transformer en changeant de nom. Elle devient "Française de l'Energie", elle s'introduit en bourse, elle fait appel à des petits porteurs pour se renflouer. Pour convaincre de nouveaux actionnaires la Française de l'Energie a joué sur les mots, a confondu gaz de mine et gaz de couche, a confondu permis de recherche et concession. 

La Française de l'Energie a été autorisée à forer une douzaine de puits.

Le puits de Lachambre est le premier de la série. Ne laissons pas la Française de l'Energie forer en Lorraine.